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Brésil: Lula condamné une nouvelle fois pour corruption

Brésil | February 7, 2019, Thursday @ 12:02 in En français » MONDE | By: AFP | Views: 223
Brésil: Lula condamné une nouvelle fois pour corruption

Les partisans de Lula réclament sa libération (Heuler Andrey / AFP)

 

(AFP) - Le couperet de la justice est tombé de nouveau sur l'ex-président Lula, figure historique de la gauche brésilienne en prison depuis l'an dernier et condamné mercredi à une deuxième peine de plus de 12 ans de détention pour corruption.

Les deux condamnations ont été prononcées dans le cadre de l'enquête tentaculaire "Lavage express", qui a dévoilé un vaste réseau de trucage systématique des marchés publics par des entreprises du bâtiment ayant graissé la patte d'hommes politiques du tout bord.

Luiz Inacio Lula da Silva a toujours clamé son innocence, mais la juge Gabrielle Hard l'a condamné à 12 ans et 11 mois de réclusion pour corruption et blanchiment.

Cette peine s'ajoute à une autre de 12 ans et un mois qu'il purge déjà depuis avril à Curitiba (sud), pour une autre affaire liée à "Lavage express".

Un spécialiste de droit pénal a confirmé à l'AFP que ces deux peines se cumulaient, à partir du moment où elles ne totalisent pas 30 ans de réclusion, le maximum au Brésil.

La nouvelle condamnation porte sur des travaux de rénovation financés par deux groupes de BTP pour le compte de l'ex-président dans une propriété rurale à Atibaia, dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est).

Ces travaux auraient été effectués en échange de contrats avec le groupe étatique pétrolier Petrobras. D'après les enquêteurs, le montant de cette rénovation s'élève à plus d'un million de réais (environ 237.000 euros). 

 

- Remplaçante du juge Moro -

 

L'ex-président (2003-2010) a toujours réfuté ces accusations, assurant que la ferme d'Atibaia ne lui appartenait pas et qu'elle était enregistrée au nom d'un de ses proches, Fernando Bittar.

Cette version n'a pas convaincu la juge Gabriela Hardt.

"C'est un fait que la famille de l'ex-président Lula fréquentait cette ferme de façon assidue, comme si elle en était la propriétaire. En 2014, Fernando Bittar a affirmé que sa famille ne la fréquentait plus avec la même assiduité, et qu'elle était davantage utilisée par la famille de Lula", a expliqué la magistrate. 

"L'accusé a reçu des avantages indus en raison de sa fonction de président de la République, dont on exige un comportement exemplaire", a-t-elle ajouté.

Gabriela Hardt a repris en main les dossiers de "Lavage express" en fin d'année dernière, après que le juge emblématique Sergio Moro -- bête noire de Lula -- a été nommé ministre de la Justice du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

En juillet 2017, c'est Sergio Moro qui avait condamné Lula en première instance, à neuf ans et six mois de réclusion, une peine alourdie en appel, en janvier 2018, à 12 ans et un mois.

Cette première affaire portait sur un appartement en bord de mer que Lula aurait reçu en guise de pot de vin de la part du groupe de BTP OAS, également en échange de faveurs pour l'obtention de marchés publics liés à Petrobras.

 

- "Persécution" -

 

Egalement mis en cause dans une demi-douzaine d'autres dossiers, Lula se dit victime d'un complot pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

Il a longtemps été donné favori de la présidentielle d'octobre dernier, avant d'être déclaré inéligible un mois avant, laissant la voie libre à une élection du candidat d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

Celui-ci avait souhaité que Lula "pourrisse en prison". Mercredi, il a rapidement tweeté, sans commentaire, l'annonce de la nouvelle condamnation de l'ex-président.

Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs (PT), fondé par l'ex-président de gauche dans les années 80, a déclaré sur Twitter que "la persécution de Lula continue".

"Dans la mémoire du peuple, il sera toujours plus grand que ses bourreaux", a-t-elle ajouté.

Lula avait failli sortir de prison en décembre, à la faveur d'une décision d'un juge de la Cour suprême qui avait opté pour la remise en liberté de toute personne condamnée en appel tant que ses recours vers des instances supérieures n'ont pas été jugés.

Mais cette décision a finalement été annulée par le président de la Cour suprême, José Antonio Dias Toffoli.

Ce même juge a permis à Lula à sortir de prison il y a une semaine pour assister à l'enterrement de son frère, mais trop tardivement: celui-ci avait déjà été inhumé. 

"Ils ne m'ont pas laissé faire mes adieux à Vava par pure méchanceté. Je peux juste rester ici et pleurer", avait réagi l'ancien président.

lg/pt/fjb

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