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Mozambique: le président Filipe Nyusi réélu, l'opposition dénonce des fraudes

Mozambique | October 28, 2019, Monday @ 10:58 in En français » MONDE | By: AFP | Views: 2433
Mozambique: le président Filipe Nyusi réélu, l'opposition dénonce des fraudes

Le président mozambicain sortant Filipe Nyusi a largement remporté la présidentielle du 15 octobre (Robert Paquete / AFP )

 

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(AFP) - Le président mozambicain sortant Filipe Nyusi a largement remporté la présidentielle du 15 octobre, selon les résultats officiels proclamés dimanche par la Commission électorale, alors que l'opposition dénonce des fraudes massives.

Filipe Nyusi, 60 ans, du parti au pouvoir Frelimo, est élu pour un nouveau mandat de cinq ans, après avoir recueilli quelque 73% des voix contre 22% à son principal opposant Ossufo Momade, de la Renamo, a annoncé dimanche le président de la commission électorale, Abdul Carimo.

"Je veux faire part de mon respect pour les partis de l'opposition et tendre la main à mes frères Ossufo Momade, Daviz Simango et Mário Albino", ses adversaires dans le scrutin, a réagi Filipe Nyusi devant ses partisans à Matola, à l'ouest de Maputo. "Nous devons travailler ensemble pour développer notre pays".

Les Mozambicains se sont rendus aux urnes le 15 octobre pour élire leur président, leurs députés et leurs assemblées provinciales dans un climat de tensions, à l'issue d'une campagne électorale marquée par de nombreuses violences.

Le Frelimo a remporté 184 des 250 sièges à l'Assemblée, en nette progression par rapport aux législatives de 2014 (144 députés).

Mais la société civile mozambicaine et les principales missions internationales d'observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités dans le processus électoral, marqué par une participation d'un peu plus de 50% parmi les 13 millions d'électeurs inscrits.

L'ambassade des Etats-Unis a ainsi exprimé vendredi d'"importantes inquiétudes liées à (...) des irrégularités qui pourraient avoir des conséquences sur la perception de l'intégrité du processus électoral".

Elle a notamment cité des "divergences" entre les listes électorales et le recensement démographique dans plusieurs régions, notamment dans les provinces de Gaza (sud) et de Zambezie (centre).

Elle s'est aussi étonnée que dans nombre de bureaux de vote à Gaza, le taux de participation affiché en fin de journée était "près de 100%" alors qu'il était resté "faible jusque dans le milieu de l'après-midi".

La Commission avait commencé à publier vendredi des résultats très partiels des élections présidentielle et législatives du 15 octobre, donnant sans surprise une large avance au président sortant et au parti au pouvoir.

Dans l'opposition, la Renamo, dont Ossufo Momade était le candidat, avait cependant appelé dès vendredi à la tenue de "nouvelles élections", dénonçant des "fraudes électorales massives" et des opérations d'intimidation des électeurs.

 

- Dix morts -

 

Vendredi, les corps criblés de balles de la dirigeante de la Ligue des femmes de la Renamo et de son mari ont été retrouvés dans la province de Tete (ouest), a annoncé le représentant local de ce parti, Evaristo Sixpense. Leur disparition avait été signalée à la veille du scrutin. Selon M. Sixpense, il ont été victimes d'une embuscade tendue par des inconnus au moment où il distribuaient des copies des listes électorales.

Leurs morts portent à dix le nombre des personnes tuées depuis le début de la campagne électorale, selon la mission locale d'observateurs Centro de Integridade Publica.

Le Frelimo, qui dirige le Mozambique sans partage depuis son indépendance en 1975, avait commencé à célébrer la victoire dimanche dans la capitale, avant même l'annonce officielle des résultats.

"Pour cette élection, le Frelimo a travaillé dur et notre candidat Filipe Nyusi a travaillé dur pour obtenir ce résultat", a estimé dimanche une militante du parti au pouvoir, Veronica Macamo.

Ces élections avaient valeur de test après le fragile accord de paix conclu en août entre le parti au pouvoir et la Renamo, l'ex-rébellion active pendant la guerre civile (1975-1992).

Cet accord était censé mettre un point final à leurs affrontements, récurrents depuis plus de quarante ans. Mais la campagne électorale a ravivé les tensions entre les deux camps.

Affaibli par une crise financière, un scandale de corruption et une insurrection jihadiste dans le nord du pays, le Frelimo avait réalisé la plus mauvaise performance de son histoire en 2018 aux élections locales, avec un score national de 51,8%.

La Renamo espérait, avant le scrutin, prendre le contrôle de plusieurs des provinces du pays. Elle pourrait finalement ne l'emporter dans aucune d'entre elles.

str-mgu/thm/glr

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