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« Deux grands moments forts » lors du mandat de l’ambassadeur de France aux Seychelles.

Victoria, Seychelles | March 15, 2015, Sunday @ 11:32 in En français » POINT DE VUE | By: Rassin Vannier | Views: 2418
« Deux grands moments forts » lors du mandat de l’ambassadeur de France aux Seychelles.

L'ambassadeur de France aux Seychelles Geneviève Iancu ( Patrick Joubert Seychelles News Agency)

Photo license  

(Seychelles News Agency) - L’ambassadeur de France aux Seychelles Geneviève Iancu a quitté les Seychelles, archipel de l’Océan Indien vendredi après un peu plus de 2 ans passées en poste.

Les Seychelles et la France ont des relations diplomatiques historiques.

La SNA a rencontré l’Ambassadeur Iancu avant son départ.

SNA : Mme l'ambassadeur, vous partez dans les jours qui viennent, comment est-ce que vous décririez ces 2 ans deux mois et quelques jours ici aux Seychelles

Mme IANCU : Écoutez d'abord  2 ans deux mois, ça passe très vite, on a à peine le temps de s'habituer au pays, on dit toujours qu'il faut 6 mois pour essayer de comprendre quelque chose, donc là c'est 4 fois 6 mois en gros, on a à peine le temps de s'habituer à ce qu'il faut repartir. Mais ça c'est la règle du jeu. Je la connaissais à l'avance, puisque ce n’est pas une date choisie au hasard, c'est mes 65 ans et donc à mon âge ma génération, c'est la prise de la retraite.

Donc, je n'avais pas de possibilités d'aller au delà. Donc, je savais au départ que ce serait au plus 2 ans deux mois et comme vous l'avez dit et quelques jour. Donc pas de surprise avec ça. Mais en même temps quelle densité. Car vous pouvez passer 4 ans et rien ne se passe. … Or là il y a eu comme je l'ai dit souvent ces derniers jours. Il y a eu deux grands moments forts en termes de visite.

Je ne parle pas de la réunion de la COI aux Comores où mon président est venu et le vôtre y était aussi. Mais je parle de moments forts que constitue pour un ambassadeur une visite présidentielle. Or là, j'ai eu une visite présidentielle à la Réunion,.... Évidemment dès ce moment-là, on avait bien compris que le Président souhaitait aller à Paris, moi j'avais cet impératif que je partais le 13 mars, et donc il fallait absolument que je n’organise pas cette visite.

On a tout fait pour que ce soit en 2014 et la date qui a pu être arrêtée de concert entre les 2 Présidents, c'était donc le 3 décembre 2014. Et ça a été une visite courte, car le Président est arrivé, il restait 24 heures, donc, une seule nuit à Paris.

SNA : On peut dire que l'on est à nouveau sur les rails ? La coopération s’était arrêtée avec l’agence française et maintenant c’est à nouveau en de bonnes voies.

Mme IANCU : Absolument, c’est une décision, j’allais dire commune, il y a une vraie demande, d’ailleurs votre président me l’a souvent dit, le ministre Adam, je sais très bien qu’il avait reçu madame Laurence lorsqu’elle était venue, maintenant c’est monsieur Mathieu Discourt et donc je pense qu’il y avait une vraie demande pour un retour. Et pas juste un retour pour un ou deux secteurs, mais sur plusieurs secteurs.

Donc là, je pense qu’en tant que journaliste, vous pourrez vraiment suivre l’actualité, puisqu’ils vont revenir, je crois en avril, donc, il y aura vraiment des secteurs intéressants à évoquer et surtout l’économie bleue et un expert environnement qui va venir à la demande des autorités seychelloises, pour préparer la COP 21. C’est justement dans les mains de l’AFD pour monter ce système aussi de poste budgétaire et de désignation de quelqu’un. Donc ça passe aussi par l’agence française développement.

SNA : On a beaucoup parlé de la piraterie etc., il y a eu tout récemment la rencontre sur la sécurité maritime entre l’Union Européenne et l’Afrique. Est-ce qu’il y a lieu encore de continuer à avoir une coopération qui est aussi lourde pour ce qui est de la piraterie?

Mme IANCU : C'est un vrai sujet parce que ce qu’on observe depuis le début. D’abord, je rappelle que les autorités ont toujours dit combien elles étaient reconnaissantes à la France d’avoir réagi immédiatement, dès que le président Michel a demandé à la France : « aidez-nous, on a des pirates qui nous attaquent » alors qu’aux Seychelles, c’était totalement soudain, ça ne suffit pas juste de dire : « venez nous aider », grâce à la France, je rappelle qu'Atalanta a été créé sur l’initiative française.

Il y a 3 forces qui luttent contre la piraterie maritime : c’est l’union européenne à travers Atalanta, c’est l’OTAN avec des forces aussi et c’est une troisième force CMF. Donc si vous voulez, nous n’avons jamais sous-estimé la menace. Et grâce à cette présence, grâce à la capture de présumés pirates et grâce à la volonté des Seychelles de les accepter, de les juger, de les mettre en prison. Prison construite par l’union européenne, mais que les Seychelles ont acceptée. Et ensuite une fois jugés et grâce à l’ONU, on a pu les ramener chez eux.

Alors, succès, ça veut dire quoi ? On ferme le livre, on dit : on s’arrête, on s’en va ? C’est ce que les Seychelles craignent le plus, parce qu’on s’était dit aussi que pendant toutes ces années, les pays de la région, pas seulement les Seychelles, les pays de la région allaient être renforcés.

Donc, il y a aussi une autre mission européenne qui s’appelle l Eucap Nestor, qui elle est une mission civile et qui justement renforce les capacités, forme les gardes côte etc. Et donc l’idée, c’était aussi sur le terrain, en Somalie… Mais pour ça, on ne peut pas avoir un État qui est occupé par les shebabs et qui est occupé par des gens qui ne veulent absolument pas, justement d’un État organisé, mais qui veulent un État à leurs normes.

SNA : On dirait que les relations économiques ne décollent pas avec la Réunion, comment est-ce que vous voyez ça et pourquoi ?

Mme IANCU : je ne dirais pas que ça ne marche pas, je dirais qu’il y a une volonté de part et d’autre, exprimée par les autorités de la Réunion. Parce que la métropole est bien lointaine. Nous on a des hommes d’affaires, il y en a un notamment qui vient de remporter un très gros succès.

C’est ECI avec les bus et SPTC, donc c’est près d’un million d’euros, je crois, donc c’est quand même très substantiel. Il a remporté un appel d’offres, je suis très contente pour lui. Nous étions avec le ministre Morgan, justement dans ses anciennes fonctions avec pour composantes le transport, à l’inauguration. Donc, il y a des choses qui se font. Beaucoup d’idées, je pense que ce qui a nui et c’est souvent ce qui a été rappelé par les ministres des affaire étrangères et Tourisme et culture, avec Adam et Saint Ange, à l’époque.

Ça a été le fait que nous n’ayons pas une connectivité aérienne, comme on dit, indispensable. Vous ne pouvez pas faire des affaires, s’il n’y a ni bateau ni avion régulier. Donc ce qui a été souvent dit y compris par Didier Robert ou Nassimah DINDA où le préfet c’était de dire pourquoi allez-vous acheter vos fruits en Asie alors que vous en avez juste à côté, pourquoi faites-vous venir de Rungis …vous avez une clientèle de luxe, il faut lui donner des produits pas seulement locaux, même si j’adore les fruits et les produits locaux que vous produisez.

SNA : Air Austral, revient aux Seychelles. Ça repart doucement, ça repart bien ?

Mme IANCU : Écoutez, il faut donner du temps à ce projet, car comme je l’ai dit aussi, j’ai pris cette liaison aérienne pour acquis, comme quoi rien n’est jamais acquis. Il faut toujours se battre pour avoir des avions pleins, j’observe qu'Air Seychelles a eu l’intelligence d’ouvrir aussi d’autres lignes avec Madagascar, avec la Tanzanie, pour ne parler que de la région, mais je pense qu’on a aussi beaucoup parlé dans le cas des îles vanille d’avoir des propositions communes, car vous offrez des choses, que des plages, et des types d’hôtels particuliers, et je pense que la réunion avec ses montagnes et son volcan et sa petite ville de Saint-Denis et ses petites villes de la Côte à autre chose à offrir, un autre style créole, une autre nourriture.

Donc quelqu’un qui ferait les 2 aurait (plus Maurice) une vraie complémentarité de la région. C’est pour cela, que je pense, que nous avons tout intérêt, et je pense qu’on ne doit pas s’asseoir et dormir sur ses lauriers. On a des atouts fantastiques, totalement complémentaires, il ne faut pas jouer l’un contre l’autre, il faut jouer de manière intelligente, et ce qui va à l’un va à l’autre. Il faut avoir cette perception régionale que nous avons développée en Europe, je pense que vous, vous devriez l’avoir plus et donc favoriser davantage plutôt qu’acheter des produits via Dubaï, qui viennent du monde entier, profiter des produits régionaux et ce sera tout à votre honneur.

SNA : On parlait tout à l’heure de problèmes économiques en Europe, la France essaie au maximum de récupérer ses impôts, tout son argent, etc. Voyez-vous les Seychelles comme un paradis fiscal?

Mme IANCU : J'ai toujours entendu et vu et compris que vous aviez donné toutes les informations qu’attendait l’OCDE. Le problème qui était reproché aux Seychelles, c’était surtout la transmission d’informations, ce n’était pas que c’était un paradis fiscal.

Mais pour pouvoir être jugé par l’OCDE qui donne ou non le label, bon pour la transparence de l’information en matière fiscale et bien il faut communiquer les informations. Et je pense que vous avez pris la mesure, l’importance pour vous de transmettre ces informations et de sortir de cette mauvaise liste, et je pense que vous allez dans le bon chemin.

Donc tant que, je crois que les Seychelles sont soucieuses d’apparaître comme le bon élève international, c'est-à-dire respectant les règles… c’est pas un calcul, c’est peut-être une analyse qui est de dire qu’on pourrait être un paradis fiscal, ça rapporte beaucoup, ou alors non, on préfère perdre de ce côté-là mais gagner par ailleurs et je pense que le choix d’avoir dit non on ne veut pas être un paradis fiscal mais en revanche on veut se conformer aux règles internationales, dans ce domaine de fiscalité et bien ce choix a été payant puisque vous êtes bien vus par le FMI, vous êtes bien vus par la Banque Mondiale, vous êtes bien vus par l’Union Européenne.

SNA : Les Seychelles se réorganisent avec la Chine, et l’Inde, comme est ce qu’on voit ça la France, ce genre de partenariat économique, ça préoccupe ?

Mme IANCU : Non, comment peut-on être préoccupé, puisque nous sommes dans un monde tellement globalisé?La France ne peut pas donner de leçons à qui que ce soit. Elle serait plus amie avec un tel ou un tel. Les relations internationales sont telles, qu’on ne peut pas faire l’économie de très bonnes relations avec des pays importants, comme vous avez cité des pays essentiellement asiatiques, ce n’est pas un hasard, comme la Chine et l’Inde.

Mais ici, je sais que le Sri Lanka aussi est à l’honneur, puisque c’est le dernier pays qui a ouvert une ambassade, et ouvert une banque d’ailleurs. Donc, je veux dire que vous misez sur l’Asie mais on est dans l’Océan Indien, vous avez à l’Ouest l’Europe et à l’Est toute l’Asie. Donc, vous ne pouvez pas, vu votre position géographique, dire ben non, je tourne le dos, je reste avec les ancêtres, ceux qui ont peuplé ce pays, … ce serait absurde et suicidaire de dire, je ne veux traiter qu’avec le continent africain ou qu’avec l’Europe et pas m’occuper de l’Asie ou des Etats Unis ou du continent australien, qui certes est bien loin, mais qui s’intéresse aussi aux Seychelles, dans plusieurs domaines. Donc personne ne peut vous jeter la pierre.

Au contraire, ça fait partie d’une politique intelligente de diversifier vos interlocuteurs et je pense que dans ce souci de diversification, le fait que la France continue à jouer un rôle important, ça montre que vous n’oubliez pas vos racines. Je pense que c’est de très bonne politique.

SNA : Vous partez dans les jours qui viennent…

Mme IANCU : Demain

SNA : le devoir accomplit ?

Mme IANCU : Écoutez, ce serait présomptueux et inélégant de partir et de dire, je suis contente, j’ai tout très bien fait. Je pars satisfaite d’avoir fait le maximum pour faire avancer notre relation bilatérale, faire mieux connaître la France, montrer notre intérêt pour la région, je rappelle encore, nous sommes encore dans l’Océan Indien à vos côtés.

Nous nous sommes battus pour que l’UAP de la COI, l’unité antipiraterie soit basée ici. Nous essayons de nous comprendre et nous avons une compréhension, j’allais dire instinctive entre la Réunion familiale, entre la Réunion et les Seychelles, donc j’ai été très heureuse de découvrir cette relation avec une région française et même avec Mayotte aussi. Car on a eu des visites économiques avec Mayotte aussi, on a eu aussi le centre universitaire qui s’intéressait  comme c’est le petit dernier qui se tournait vers les Seychelles, en disant on a beaucoup à apprendre de vous. Donc même la jeune université des Seychelles a des choses à apprendre au centre universitaire de Mayotte.

SNA : Vous reviendrez nous voir ?

Mme IANCU : Je ne peux jurer de rien. Je peux toujours revenir vous voir. Mais pour le moment j’ai envie de retrouver la France, car ça fait 10 ans et demi que je ne suis pas retournée en France si ce n’est pour des périodes très courtes, donc, j’ai besoin de me replonger dans cette France, j’ai besoin de me replonger dans ma famille, mes amis, de reprendre pied et de me ressourcer aussi, voyager et qui sait ?  Peut-être qu’un jour je reviendrai un jour aux Seychelles vous revoir. Avec grand plaisir.

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Tags: OTAN, Air Seychelles, piraterie, COI, Air Austral, France, Geneviève Iancu

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