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Les Seychelles imposent des peines plus sévères pour lutter contre le vol des cocos de mer.

Victoria Seychelles | November 7, 2015, Saturday @ 13:08 in En français » ENVIRONNEMENT | By: Julia Malbrook, Sharon uranie et Séverine Martin | Views: 2273
Les Seychelles imposent des peines plus sévères pour lutter contre le vol des cocos de mer.

Un palmier Coco de Mer en pleine santé. Initialement fixée à environ 387 $ (5 mille roupies seychelloises), la peine encourue pour quiconque pris en train de braconner la noix de coco endémique est maintenant beaucoup plus élevée. (Romano Laurence, Seychelles News Agency)

(Seychelles News Agency) - Les Seychelles introduisent des peines plus sévères pour réprimer le braconnage de l’emblématique Coco-de-Mer, la plus grande noix de coco au monde qui est endémique à l'archipel de l'océan Indien.

En début de semaine, l'Assemblée nationale a approuvé les amendements proposés concernant le « décret sur la gestion des Coco-de-Mer ».

Le texte de Loi qui était en vigueur depuis 1978 avait été révisé pour la dernière en 1994, mais certaines dispositions, notamment celles concernant les infractions et les sanctions, étaient devenues obsolètes.

Initialement fixée à environ 387 $ (5 mille roupies seychelloises), la peine encourue pour quiconque pris en train de braconner une noix de coco endémique est maintenant beaucoup plus élevée.

La nouvelle peine minimale est d'environ 1 930 $ (25 mille roupies seychelloises) et peut s’élever jusqu'à un maximum de 38 670 $ (500 mille Seychelles). Une peine de prison de deux ans peut également être appliquée aux coupables de ces infractions.

 
    Une noix de Coco-de-Mer adulte est un bien précieux pour les touristes venant aux Seychelles. Elle est vendue entre 450 $ et 750 $ l’unité. Licence photo : CC-BY                                 

C’est au mois d’août de cette année que le ministère de l'Environnement, de l'énergie et du changement climatique a présenté une série de recommandations visant à modifier le « décret relatif à la gestion desCocos-de-Mer. »

Ceci fait suite à l'augmentation des incidents de braconnage et des inquiétudes manifestées à propos du rapide déclin du nombre de noix de cocos adultes récoltées notamment sur Praslin, la deuxième île la plus peuplée des Seychelles.

Praslin et l'île voisine de Curieuse sont les seuls endroits où les Cocos-de-Mer poussent naturellement, et on estime qu'il y aurait seulement neuf mille de ces palmiers endémiques qui poussent dans l'archipel des Seychelles.

Les deux plus grands gardiens des Cocotiers-de-Mer sur Praslin sont la Vallée de Mai, qui est gérée par la fondation des îles Seychelles Foundation (SIF), une fiducie publique créée en 1979 et la propriété privée connue sous le nom de « Fond Ferdinand », qui est géré par Le Ravin de Fond Ferdinand.

Dans une interview accordée à la SNA, la conseillère juridique du ministère de l'environnement, Sharon Jeremie, a noté que la plupart des cas de vol de Cocos-de-Mer sur Praslin se produisent dans la Vallée de Mai, un des deux sites seychellois classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Bien que ces cas soient signalés à la police, la plupart du temps, les coupables ne sont jamais capturés et dans les cas où les auteurs sont interpellés, il y a peu de poursuites ; quelque chose que Jeremie a attribué au « manque de preuves. »

Selon les chiffres disponibles auprès du ministère de l'environnement, deux cas de vol de Cocos-de-Mer avaient été signalés sur Praslin en 2014, alors que cette année, le chiffre a triplé, avec 6 cas signalés à ce jour. Dans le seul cas qui a été examiné par les tribunaux cette année, l'accusé a été condamné à trois mois d'emprisonnement. 

 
 
Photos montrant les coques vides des noix de coco-de-mer laissées par les braconniers et ramassées par un agent de sécurité dans la Vallée de Mai. (Romano Laurence, Seychelles News Agency) Licence photo : CC-BY                            

 Les lois très strictes qui régissent la possession, la distribution, le contrôle et l'exploitation des précieuses noix sont en vigueur depuis de nombreuses années. En janvier 2013, les personnes possédant des palmiers à Cocos-de -Mer et des noix se sont vu poser un ultimatum pour enregistrer leurs arbres et les noix tandis que les fournisseurs de Cocos-de-Mer ont également été appelés à s’assurer que leurs licences étaient en ordre.

Le noyau de la coco-de-mer, qui est la partie intérieure comestible de la noix, sont normalement jetés afin de rendre la coque plus légère pour être vendus comme souvenirs aux nombreux visiteurs des Seychelles.

Malgré le fait qu’il n’ait pas été disponible dans le commerce aux Seychelles depuis des années, l'introduction de licences a rendu possible l’exportation de noyaux séchés de coco-de-mer principalement vers des pays asiatiques comme la Chine, où il est censé avoir des propriétés aphrodisiaques.

Même en tenant compte des palmiers possédés à titre privé, protégés et réglementés par la loi, les noix sont maintenant très demandées, habituellement vendues entre 450 $ et 750 $ l’unité, le noyau comestible est quant à lui vendu à environ 250 $ le kilogramme.

Jérémie a déclaré à la SNA que la loi amendée répond aux infractions telles que la possession de noix de Coco-de-Mer sans étiquette valide ainsi que l'incapacité de présentant des documents valides justifiant la propriété des noix ou le recel de noix volées.

La législation révisée confère également au ministre de l'Environnement certains pouvoirs comme par exemple la mise en place de règlements pour protéger toutes les parties du cocotier-de-Mer ainsi que la zone où il pousse.

« La modification du décret vise tout le monde, que ce soit ceux qui incitent des gens à braconner, les personnes qui commettent le crime ainsi que la personne qui reçoit les objets volés. Nous voulons décourager les gens à détruire les noix de coco, » affirme Jérémie.

La récente modification du décret sur le Coco-de-Mer n’est que la première phase de la révision de la législation.

« La première phase était de revoir les sanctions pour les infractions liées aux vols de Coco-de-Mer. La deuxième phase consiste à examiner la loi dans son ensemble, voir ce qui fonctionne et ce qui n’est plus applicable. Le permis de transport est aussi quelque chose qui sera révisé, » explique Jérémie.

La deuxième partie de la révision du « décret sur la gestion du Coco-de-Mer » devrait être prête début d'année prochaine.

 
     Le Coco-de-Mer est inscrit sur la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). (Romano Laurence, Seychelles News Agency) Licence photo : CC-BY                                  

La Fondation des Iles Seychelles qui gère la Vallée de Mai a accueilli avec satisfaction le premier amendement du décret sur le Coco-de-Mer en disant qu'il était « attendu depuis longtemps. »

« Nous pensons également qu'il sera important de mettre également en œuvre la deuxième phase... nous espérons que cela permettra de réduire le braconnage des noix de coco maintenant qu'il y a un moyen de dissuasion approprié », a déclaré la SIF dans une réponse adressée par courriel à la SNA.

« La SIF elle-même a un programme complet d’éducation et de sensibilisation par lequel nous visons à éduquer et impliquer le public dans la protection de la Coco de Mer... .Ces activités démontrent la valeur de la Vallée de Mai... comme moteur économique pour générer des revenus sur Praslin. »

La noix de coco-de-mer est répertoriée comme « espèce menacée » sur la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Une noix de coco-de-mer a besoin de 6 à 7 ans pour atteindre la taille adulte, atteignant ainsi jusqu'à plus de 30 kilogrammes.

Il est recommandé que 20 pourcent des noix restent dans chaque forêt de Coco-de-Mer aux Seychelles pour assurer la régénération de ces forêts.

Outre la modification de la législation, un groupe de travail a également été mis en place sur Praslin au début de l’année. Son but est de faciliter l'échange d'informations et une meilleure coordination entre toutes les parties concernées pour tenter de réduire le nombre d'incidents de braconnage.

 

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Tags: coco de mer, braconnage, braconner, SIF, Vallee de Mai, SIF

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