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« La chose la plus importante à laquelle je veux m’attaquer c’est éliminer la pauvreté » - Interview avec Alexia Amesbury, candidate aux élections présidentielles

Victoria, Seychelles | November 27, 2015, Friday @ 13:08 in En français » POLITIQUE | By: Rassin Vannier, Madiha Philo, Sharon Uranie et Séverine Matin | Views: 1429
« La chose la plus importante à laquelle je veux m’attaquer c’est éliminer la pauvreté » - Interview avec Alexia Amesbury, candidate aux élections présidentielles

Alexia Amesbury leader du SPJD ( Alexia Amesbury)

Photo license  

(Seychelles News Agency) - Les élections présidentielles des Seychelles, auront lieu du 3 au 5 décembre 2015. Ce sera la première fois qu’une candidate femme se présentera aux élections.

Alexia Amesbury, une avocate seychelloise âgée de 64 ans est plutôt nouvelle sur la scène politique. Elle a créée seulement en mai de cette année le « Parti des Seychelles pour la justice sociale et la démocratie » (SPSJD).

Amesbury affirme que le manifeste de son parti consiste à faire passer le peuple seychellois en priorité. Elle fera partie du nombre record de six candidats qui participent à la course à la présidentielle.

Avant que les 70.943 électeurs seychellois se rendent aux urnes, la SNA a rencontré Amesbury dans le cadre d'une série d'interviews mettant en vedette les candidats à la présidentielle, dans aucun ordre particulier.

Le seul candidat qui ne sera pas présenté est le candidat indépendant, Philippe Boullé, qui a indiqué qu’il ne serait pas disponible pour donner une interview en raison de son emploi du temps chargé.

Alexia Amesbury expose la manière dont elle voit le paysage politique, sa proposition à l'électorat seychellois ainsi que ses attentes et la prévision des résultats.

 

SNA : C'est la première fois que vous êtes candidate à l'élection présidentielle aux Seychelles, quelle est votre approche et comment décririez-vous l'expérience jusqu'à présent ?

AA : Cette élection présidentielle m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Il y a des choses dont j’avais entendu parler dans le passé mais je n’étais que très peu informée de la situation réelle... Mais maintenant à travers mes échanges avec l'électorat, je me suis rendu compte que même si nous avons une démocratie multipartite en place depuis plus de 22 ans, il y a une crainte qui réside au sein du peuple seychellois.

Même si, sur le papier ils disent que nous avons une démocratie ; pour moi la démocratie n’est pas censée inspirer ce genre de peur que j’ai pu observer au cours des derniers mois pendant lesquels j’ai échangé avec le public... Voilà ce que je ressens au sujet de ces prochaines élections.

 

SNA : Que proposez-vous à l'électorat seychellois dans le manifeste de votre parti ?

AA : J’ai été la première candidate à lancer le manifeste de mon parti intitulé « LeSeychellois avant tout».

La raison  qui justifie cette attention particulière c’est parce que je me suis rendu compte que les seychellois  sont traités comme des citoyens de seconde classe dans leur propre pays... Dans tous les secteurs où il y a des opportunités de vraiment faire de l'argent, comme la pêche... ce n’est pas aux mains des Seychellois.

Les Seychellois qui sont impliqués dans le secteur de pêche, peut-être 2 à 4 pourcent d'entre eux, sont l’élite. Ce sont ceux qui contrôlent le secteur, et l'argent que le secteur génère... la majeure partie de la nation seychelloise n'a pas encore bénéficié de cet argent.

Par exemple... si l'UE (Union européenne) donne seulement 10 millions d'euros par an aux Seychelles pour avoir le droit de pêcher dans notre ZEE (zone économique exclusive), quand j’y pense, 10 millions d'euros c’est l’équivalent de 150 millions de roupies seychelloises, je me demande pourquoi est-ce que le peuple des Seychelles vit toujours dans cette extrême pauvreté?

Les membres et sympathisants du « Seychelles Party for Social Justice and Democracy » assistent à une réunion politique à Beau Vallon. (SPSJD) Photo License: All Rights Reserved

SNA : Quel est le point marquant de votre Manifeste?

AA : Il y a beaucoup de choses que je voudrais réaliser, mais en même temps, la chose la plus importante à laquelle je veux m’attaquer c’est éliminer la pauvreté et  mettre l'argent dans les mains du peuple seychellois et leur permettre ainsi d'avoir un meilleur niveau de vie... Pour l'instant, 60 pourcent de notre population vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce pourcentage est choquant... C’est trop élevé... Cela signifie que le peuple seychellois travaille uniquement pour payer ses factures... Par conséquent, pour moi, c’est la problématique principale à laquelle je veux m’attaquer ; la pauvreté.

 

SNA : Est-il possible que la multiplicité des candidats handicape vos chances ou celles des autres partis d'opposition lors de ces élections ?

AA : Ce que je vois, c’est que le peuple seychellois est déterminé à remplacer ce gouvernement au pouvoir... Notre premier objectif est de faire en sorte que le Président Michel et le « Parti Lepep » au pouvoir (le Parti populaire), ne reçoivent pas 50 pourcent des votes. La seule manière de faire en sorte que cela arrive c’est d'avoir un, deux ou trois partis d'opposition et que chaque parti récupère  des partisans du « Parti Lepep »... Peut-être que par le passé, nous avions un seul parti d'opposition... peut-être qu’un seul parti ne pouvait pas y parvenir seul... Mais maintenant nous avons de nombreux partis d'opposition pour remplir cette tâche et renverser le parti au pouvoir.

 

SNA : Le Parti national des Seychelles qui est également un parti d'opposition a proposé récemment une alliance - Pourquoi avez-vous décidé de ne pas accepter ?

AA : Ce n’est pas une proposition qui a été faite par le SNP, c’est une proposition qui a été faite par tous les partis d'opposition ... Nous nous sommes tous rencontrés... Nous nous sommes assis, nous avons parlé, nous avons discuté pour savoir s’il était possible de former une alliance... L'idée était d'avoir un président d'un parti et un vice-président d'un autre parti.

Malheureusement, c’est impossible pour le moment ... Cependant, nous avons convenu que s’il y avait un second tour, alors définitivement le parti d'opposition qui remporte le plus de voix sera soutenu par les autres partis d'opposition.

 

SNA: Vous êtes la première femme dans l'histoire politique des Seychelles à participer à une élection présidentielle. Pourquoi s’aventurer dans la politique et quelle a été la réaction du grand public qui est habitué à avoir des hommes en tant que dirigeants politiques ?

AA : Franchement, quand vous entendez le terme « Président » le mot lui-même est du genre neutre, il n’indique pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Donc, je ne pense pas au fait de devenir la première femme (Président), mais je pense au candidat qui a les qualités d'un leader et qui a vraiment à cœur l'intérêt de son peuple et du pays.

Pour moi, la qualité numéro une est l'honnêteté. De nos jours, aux Seychelles, les nombreuses allégations soulevées à l'égard de la corruption... ont permis au peuple seychellois de réaliser que nous n’avons plus de gouvernement honnête.

La deuxième qualité est l'intégrité... Encore une fois, suite à mes échanges avec le public, je me suis rendu compte que nous n’avions pas de gouvernement intègre... Parce que si vous êtes intègre, vous ne ferez jamais quelque chose qui ne soit pas dans le meilleur intérêt du peuple... De même vous devez avoir de la compassion... on doit se sentir dans le rôle du père de son pays.

Je me souviens très bien des paroles du Président Michel lors de l’émission télévisée (diffusée par la télévision nationale SBC) « En Moman Avek Prezidan » (Un moment avec le Président), lorsque le journaliste lui a dit que les gens se plaignent de la hausse récente des salaires qui a été approuvée pour ses ministres et les membres du parlement, alors que les seychellois ne reçoivent aucune augmentation de salaire, le Président a répondu que « lorsque la situation économique le permettra, le peuple des Seychelles obtiendra un meilleur salaire. »

La question que je poserais alors, si vous êtes un père et que vous avez seulement une assiette de nourriture, est ce que vous mangez d'abord ou laissez-vous vos enfants manger en premier ?... Ce que nous constatons, c’est que les travailleurs Seychellois sont devenus plus pauvres alors que certaines personnes au sein du gouvernement sont devenues riches grâce à la sueur et aux larmes du peuple seychellois.

Le « Seychelles Party for Social Justice and Democracy » est l'un des nouveaux partis politiques aux Seychelles, officiellement enregistrés en mai de cette année. (SPSJD) Photo License: All Rights Reserved

SNA : Pensez-vous que vous avez été en mesure de recueillir suffisamment de partisans pour gagner les élections au cours des six derniers mois, depuis le lancement de votre parti en mai ?

AA : Le montant des soutiens que j'ai reçu m'a pris par surprise. J’ai reçu le soutien des quatre coins du pays ... pas seulement des femmes, pas seulement des jeunes, pas seulement des retraités ... mais de tout le monde.

Je suis surprise de voir la quantité et la qualité des soutiens que je reçois. Je suis bien consciente que je ne suis pas encore passée à la télévision pour organiser un grand rassemblement, et c’est peut-être la raison pour laquelle certaines personnes pensent que je n’ai aucun soutien.

Pour moi, il s’agit d’une stratégie, parce que ce que je vois, c’est que les gens qui ont été vus dans une grande foule (assister à un rassemblement politique) l’ont payé…, et je ne veux pas que quelqu’un qui me donne son soutien le paie de la même manière que ce qui se passe actuellement pour les élections.

 

SNA : Quelles sont vos prévisions pour ces élections ? 

AA : Pour ces élections, la seule chose que je peux prédire avec certitude c’est que nous allons dire au revoir au « Parti Lepep » ... le reste appartient au peuple.

 

SNA : Êtes-vous prête à former une alliance au cas où il y ait un deuxième tour?

AA : Oui... Mon parti soutiendra le parti d'opposition qui sera au second tour... Nous pensons que le deuxième tour se jouera entre le « Parti Lepep » et un parti de l’opposition... mais ce qui sera difficile pour moi c’est si ce sont des partis de l'opposition qui arrivent premier et second dans la course Présidentielle... Décider quel parti soutenir sera ma plus grande difficulté.

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Tags: Alexia Amesbury, election

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