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« On ne change pas une équipe qui gagne à la veille d’une élection » interview du président des Seychelles.

Victoria Seychelles | March 18, 2016, Friday @ 20:14 in En français » POLITIQUE | By: Sharon Uranie, Rasin Vannier et Severine Martin | Views: 1620
« On ne change pas une équipe qui gagne à la veille d’une élection » interview du président des Seychelles.

Le président des Seychelles James Michel (La présidence )

Photo license  

(Seychelles News Agency) -  

« On ne change pas une équipe qui gagne à la veille d’une élection » interview du président des Seychelles.

 

Le président des Seychelles James Michel s’est donné 100 jours à la suite de son élection présidentielle du 18 décembre 2015, pour reformer plusieurs points.

Il a été réélu pour un troisième et dernier mandat avec un score de 50.15% des voix.

Dans moins deux semaines ces 100 jours arriveront à expiration.

Le chef de l'État seychellois, a décidé d’accorder une interview à la SNA expliquant les changements politiques qu’il a annoncés lors de son discours sur l’état de la Nation au mois de février.

Certaines de ces mesures ont surpris les Seychellois.

1. Monsieur le Président, lors de votre discours sur l’état de la Nation, vous avez annoncé certaines décisions que la population des Seychelles n’attendait pas vu qu’elles n’étaient pas indiquées dans votre Manifeste lors des récentes élections présidentielles, notamment la dépénalisation de l'homosexualité et la réduction du mandat présidentiel à deux ans.

Président James Michel : on doit s’adapter, se préparer à gérer de nouvelles situations, il faut savoir tenir compte des changements. Au cours de mes 12 années de gouvernance, en tant que président, je suis toujours resté attentif aux sentiments des gens de tous les milieux. Un manifeste électoral porte sur les politiques générales défendues par le parti et qui sont à mettre en œuvre après avoir remporté les élections. Normalement, le manifeste ne contient pas tous les détails des politiques. Vous ne pouvez pas tout indiquer dans un manifeste. Mais vous pouvez entendre les demandes des citoyens à travers différents canaux. J’ai déclaré après les résultats des élections que j’avais entendu les messages des citoyens. Le manifeste du Parti Lepep a présenté pour les élections 2015, les meilleures perspectives offertes à nos citoyens Seychellois pour un avenir meilleur, dans tous les aspects de leur vie. C’est la raison pour laquelle j’ai été réélu. Dans mon discours sur l’état de la Nation en février, j'ai annoncé la mise en œuvre d'une longue liste de politiques. Mon manifeste contient beaucoup plus que ce qui sera réalisé lorsque les nouvelles mesures seront prêtes. Ce n'est pas la première fois que nous prenons des mesures pour abroger la loi sur l'homosexualité. Il y a deux décennies, la dépénalisation de l'homosexualité était sur la liste des lois à réviser. Les lois qui sont devenues obsolètes, archaïques, sont inapplicables depuis longtemps. Aussi, elles n’ont pas leur place dans notre société moderne. Nous examinons constamment toutes nos lois. En vertu du droit international des droits de l'homme, les Seychelles ont également une obligation légale de traiter tous ses citoyens de manière égale, avec respect et dignité. Le nombre de mandats présidentiels qu’une personne peut exercer est actuellement un sujet de débat sensible en Afrique. Nous suivons de près ce qui se passe ailleurs dans le monde et nous écoutons en même temps ce que les gens disent dans notre propre pays. Ce qui est important c’est que nous effectuons les changements lorsque le moment sera opportun, pour l'unité et pour le bien de notre peuple.

2. Concernant la réduction du mandat présidentiel à deux ans, qui nécessiterait par ailleurs un amendement constitutionnel, à quelle vitesse souhaitez-vous réaliser ce changement ?

Président James Michel : le nécessaire a été réalisé pour réécrire les articles de la Constitution, notamment l'article 52 (2), portant sur le nombre de termes qu’une personne peut effectuer en tant que Président. Nous avons au moins huit mois pour mettre en œuvre cette modification. 

3. Quelle a été la réaction au sein de votre parti, et notamment celle de votre successeur le Vice-Président Danny Faure, au sujet de la réduction du mandat présidentiel ?

Président James Michel : notre parti, le Parti Lepep, est un parti favorable au changement. Notre parti, et par conséquent le gouvernement, s’inscrivent dans une tradition de concertation et de changement. La stabilité des Seychelles et l'intérêt des citoyens, sont nos priorités. Le vice-président, le parti et moi-même, réalisons que nous devons apprécier le nouvel environnement qui nous entoure, aux Seychelles et dans le monde. C’est l’occasion pour nous de nous adapter. Nous nous concertons, nous discutons, nous nous mettons d'accord. C’est notre unité et notre force. Le Parti Lepep est le vrai parti du changement aux Seychelles. Personne au sein du Parti Lepep, dans ce gouvernement, souhaite s’accrocher au pouvoir. Comme je l'ai dit auparavant, les choses dont nous nous soucions le plus sont : le bien-être, la liberté, la prospérité et l'unité du peuple Seychellois. Les citoyens décideront de leur propre avenir.

4. S’agissant de la dépénalisation de l'homosexualité, étant donné que les Seychelles sont une nation à prédominance chrétienne, est ce que l’option d'un référendum à ce sujet a été étudiée ?  

Président James Michel : nous abrogeons seulement des vieilles Lois qui existent depuis l'époque de la domination coloniale et qui ont une incidence négative sur notre notoriété internationale aujourd'hui, en matière de droits de l'homme. En vertu de notre Constitution, nous avons également l’obligation d’accorder un traitement égal à tous les Seychellois. Nous ne savons pas à quand remonte la dernière fois où des personnes ont été poursuivies en vertu de cette loi. Et bien que les lois sur l'homosexualité soient restées lettre morte depuis longtemps, les Seychelles ont été sous la pression internationale d'autres pays et d’organisations qui nous demandent d'abroger ces lois. Les conseillers juridiques ne voient aucunement le besoin d’organiser un référendum coûteux et conflictuel juste pour supprimer des lois qui ont été largement ignorés par la société.

5. Y a-t-il eu des pressions internationales visant à décriminaliser l'homosexualité, surtout après le débat suscité par le mariage homosexuel impliquant un ressortissant britannique et un Seychellois, l’année dernière ?

Président James Michel : La pression internationale a toujours été présente. Lors d'un débat au Palais de Justice en août 2014, on nous a rappelé qu’en vertu du droit international des droits de l’homme, les Seychelles ont l’obligation de traiter tous les citoyens avec égalité, de les traiter avec respect et dignité. Le mariage homosexuel organisé par l’Ambassade britannique n’a eu lieu qu’au mois de juin de l'année dernière. Tout récemment en janvier de cette année, à Genève, en Suisse, au cours de l'examen périodique universel de notre pays, la question portant sur les Lois de 1955 en matière d'homosexualité a à nouveau été soulevée.

6. Certaines des annonces qui ont été le mieux accueilli par la majorité de la population et qui comprennent l'augmentation du salaire minimum, la pension de retraite et le 13ème mois de salaire, sont des idées qui ont été revendiquées par l'opposition. Vu que la précédente déclaration du gouvernement avait indiqué qu'une augmentation substantielle de la pension de retraite en une fois ne serait pas économiquement viable, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Président James Michel : ce sont les gouvernements du SPPF et du Parti Lepep qui ont introduit les pensions de retraite pour tous les citoyens au moment de leur départ à la retraite, et qui ont également mis en en place des exigences de salaire minimum. Nous avons constamment revu et augmenté la pension de retraite et le salaire minimum. Mais nous sommes aussi un gouvernement responsable. Nous connaissons la situation budgétaire de notre pays. Nous savons aussi que le pays doit un peu économiser pour l'avenir. Notre sort, « Lanmans pwalon » (le manche de la poêle en Créole) est entre nos mains. Nous devons être prudents, car nous ressentons la pression de l'économie.Comme je l'ai déjà dit, nous sommes un gouvernement à l’écoute et qui se concerte. L'opposition revendique le fait que nous mettions en œuvre leurs idées. Pourtant, au cours de la campagne électorale de décembre, ils n’ont pas voulu présenter de proposition de budget, et ils ont suggéré qu'ils utiliseraient celle déjà rédigée par le gouvernement du Parti Lepep. Ils disaient aux électeurs de ne pas s'inquiéter et que tout ce qui avait été mis en place par le Parti Lepep resterait. L'opposition cherchait à séduire les électeurs avec leur programme populiste. Je suis heureux qu'ils aient réalisé, et dit à nos citoyens, que le gouvernement du Parti Lepep s’en sortait si bien qu'il n’était pas nécessaire d’effectuer de changements. Je suis heureux que ce soit mon parti qui continue à améliorer le bien-être de notre peuple.

7. Votre décision consistant à retarder les pensions perçues par les ministres et les membres de l'assemblée jusqu'à l'âge de la retraite, n’est-elle pas un peu trop drastique compte tenu que cela va aussi affecter les anciens députés et les députés de longue date ?

Président James Michel : nous devons tous donner l'exemple. Nous avons discuté de cette question, au sein du gouvernement et du parti. Encore une fois, nous avons d’abord fait passer les intérêts des citoyens, et leur bien-être.

8. Quels sont les autres moyens de compensation qui leur ont été proposés, si tel est le cas ?

Président James Michel : les Seychelles regorgent d'opportunités pour gagner un salaire décent pendant la période de la vie active. Tous les Seychellois doivent profiter de ces opportunités. Après les élections de décembre, les adhérents du Parti Lepep partagent un sentiment de solidarité. Nous sommes plus unis que jamais.

 

9. Sur la question de la corruption aux Seychelles en particulier au sein du gouvernement, vous avez déclaré à plusieurs reprises au cours de votre campagne « qu’il s’agit seulement d’une perception. » Est-ce que l'annonce de la future mise en place d’une commission anti-corruption signifie que la question de la corruption est en fait plus grave qu'on ne le pensait ?

 

Président James Michel : la Loi relative à l'éthique des fonctionnaires est l'un des divers outils en place permettant d’assurer une bonne conduite des pouvoirs publics. Une unité d'enquête sur le terrain et une unité d’enquête financière permettent de cibler les richesses mal acquises à l'échelle nationale. Nous avons enquêté et pris des mesures contre les agents, les citoyens, reconnus coupables de comportement inapproprié, à tous les niveaux. Cependant, le sentiment de la corruption demeure. C’est un cri de ralliement courant de l'opposition presque partout dans le monde. La commission anti-corruption qui sera mise en place recevra les plaintes et enquêtera également, afin de détecter et de prévenir les pratiques considérées comme étant de la corruption. Une commission efficace sera un outil supplémentaire pour aider à éliminer soit la perception de la corruption soit à la combattre avec davantage d’énergie partout où le problème peut exister.

10. La drogue est un problème inquiétant et a toujours été mis en avant comme étant une de vos priorités. Croyez-vous que les nouvelles mesures annoncées contribueront à atténuer le problème en particulier celui du trafic de drogue ?

Président James Michel : c’est un long combat. Nous devons faire en sorte que tout le monde participe. Les parents, les enseignants, les forces de l'ordre, le personnel médical, les jeunes, les ONG, la communauté en général, doivent se joindre au combat. L'avenir de la nouvelle génération est en jeu. Ce sont nos enfants, l'avenir des Seychelles. Pendant ce temps, les trafiquants de drogue sont durement touchés. Au cours des cinq dernières années, ils ont perdu 339,45 millions SCR. C’est la valeur des drogues dangereuses qu’on leur a saisi. Les drogues qui n’ont pas atteint nos jeunes vulnérables. Il sera encore plus difficile de se livrer au trafic de drogue maintenant que d'autres pays de la Commission de l'océan Indien ont appuyé une proposition des Seychelles visant à coordonner nos efforts dans la lutte contre cette activité illicite dans notre partie du monde. Mon gouvernement a annoncé une nouvelle approche qui comporte également un aspect social. Cela comprend l’augmentation des traitements médicaux et des cures de désintoxication pour les toxicomanes, un programme de distribution de seringues propres pour les toxicomanes, et le renforcement de la réhabilitation des jeunes appréhendés pour possession de drogues. Sauver la jeunesse contre le fléau de la toxicomanie est l'une de mes quatre principales priorités durant mon dernier mandat.

11. Votre discours a également parlé de votre objectif des 100 jours pour répondre à certaines questions pertinentes. Cela comprenait un audit de tous les ministères. Est-ce que votre demande pour la réalisation d’un tel audit a déjà été traitée ?

Président James Michel : l’audit est en cours, mais nous réglons d’ores et déjà les problèmes là où ils ont été identifiés. L'exercice d’audit est un processus. L'objectif est d'améliorer la prestation de services.

12. Si oui, quel a été le résultat ? Et devrions-nous nous attendre à un remaniement ministériel bientôt ?

Président James Michel : Dans mon discours sur l’état de la Nation j'ai mentionné certaines lacunes dans la prestation de services. L’audit, une fois achevé, établira une liste exhaustive des problèmes rencontrés par les différents ministères, départements et agences, ainsi que les mesures à prendre pour remédier à la situation. Le résultat final sera d’améliorer la prestation des services. Les Ministres en poste dirigent actuellement l'exercice d’audit. Par conséquent, il n'est pas question d'un remaniement ministériel, pour le moment. En outre, vous ne changez pas une équipe gagnante avant les élections !

SNA :  Avant le mois de septembre les Seychellois doivent se rendre aux urnes pour des élections législatives 

 

 

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Tags: James Michel, homosexualité

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