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Des recherches sur les oiseaux aux Seychelles établissent un lien entre la consanguinité et la diminution de l’espérance de vie sur l’ensemble du règne animal

Victoria, Seychelles | | May 27, 2016, Friday @ 21:00 in En français » ENVIRONNEMENT | By: Hajira Amla, Sharon uranie et Séverine Martin | Views: 2124
Des recherches sur les oiseaux aux Seychelles établissent un lien entre la consanguinité et la diminution de l’espérance de vie sur l’ensemble du règne animal

La fauvette des Seychelles, un oiseau rare sélectionné pour étudier les effets de la consanguinité sur l'ensemble du règne animal. (Nature Seychelles) Licence photo – Droits d’acquisition

Photo license  

(Seychelles News Agency) - Qui se rassemble s’assemble. Cependant, si des oiseaux s'accouplent avec des membres de leur famille, il est probable que leur progéniture ait une durée de vie plus courte.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des scientifiques après avoir réalisé une étude génétique sur les oiseaux aux Seychelles.

Des biologistes évolutionnaires cherchant à déterminer les effets de la consanguinité sur l'ensemble du règne animal, y compris sur les humains eux-mêmes, trouvèrent en la fauvette des Seychelles le candidat idéal. Ceci en dépit du fait que ce petit oiseau brun se trouve sur seulement une poignée d’îles aux Seychelles.

Selon Kat Bebbington, une étudiante britannique en doctorat à l'Université d'East Anglia, le risque de consanguinité est particulièrement élevé chez les animaux lorsqu’ils sont peu nombreux et isolés géographiquement.

« Beaucoup de recherches sont en cours pour tenter de comprendre comment les petites populations évitent la consanguinité, soit en évoluant d'une certaine manière afin de reconnaître leurs proches ou en faisant en sorte que leur progéniture se disperse assez loin afin qu'ils ne rencontrent jamais des membres de la famille du sexe opposé, » a déclaré Bebbington à la SNA .

Bebbington est l'auteur principal de l'étude publiée au début du mois de mai dans un journal en ligne, Molecular Ecology.

Ces petits oiseaux rapides sont capturés à l’aide de filets japonais fixés dans les arbres et sont piqués au niveau de l'aile avec une petite aiguille pour prélever des échantillons de sang pour la recherche. (Seychelles Warbler Research Project) Licence photo – Droits d’acquisition         

La recherche comportait l'étude des télomères (extrémités des chromosomes sur les brins d'ADN) des oiseaux consanguins, qui se décomposent et deviennent plus courts car ils absorbent tous les dommages subis pendant la vie. En bref, plus vous êtes en mauvaise santé, plus vite vos télomères se raccourcissent et plus vite vous vieillissez.

La question posée par les chercheurs était : est-ce que la consanguinité (accouplement entre deux individus apparentés) a un effet concret sur le raccourcissement des télomères, et cela peut-il être utilisé pour prouver que la consanguinité réduit l’espérance de vie ?

Une équipe de recherche dirigée par le professeur David S Richardson à l’Université d'East Anglia (UEA), avec la collaboration de collègues des Universités de Sheffield et de Groningue aux Pays-Bas, a étudié une population d'environ 320 fauvettes des Seychelles. Selon l'université, un total de 1064 échantillons d'ADN a été prélevé sur 592 oiseaux depuis 14 ans.

« Chaque année, des chercheurs surveillent et effectuent des prélèvements sur la population, pour contribuer à alimenter l’ensemble de données détaillées contenant des informations de la vie entière d’individus à travers de nombreuses générations,» a expliqué Bebbington.

« Pour cette étude, nous avons utilisé ces données à long terme. L'idée d'utiliser la dynamique des télomères pour mesurer les coûts de plusieurs facteurs a été initialement conçue par le professeur Richardson que j’ai depuis développée dans mes études. »

L’île Cousin, était autrefois le seul habitat restant pour les fauvettes des Seychelles. (Nature Seychelles) Licence photo – Droits d’acquisition      

Au bord de l’extinction

La fauvette des Seychelles a été sauvée de l'extinction suite à l'introduction de prédateurs tels que les rats et les chats et d'autres effets néfastes de l'habitation humaine. Après des décennies d'efforts déployés par Nature Seychelles, une ONG locale de conservation, les oiseaux ont été protégés et réhabilités. Les oiseaux vivent à présent sur plusieurs îles, notamment sur l’île Cousine, Aride, Denis et Fregate.

« Lors du dernier décompte, le nombre de fauvettes des Seychelles s’élève à environ 3000, ce qui est remarquable compte tenu du fait qu’il y avait seulement 26 individus dans les années 1960, » a déclaré Bebbington. « En 2015, la fauvette des Seychelles a été déclassée de la liste de l’UICN à la catégorie presque menacée, ce qui est une grande réussite. »

Minimiser les dommages

Selon Bebbington, la priorité absolue était de veiller à ce que l'extraction de matériel génétique pour l'analyse d'ADN ne cause aucun tort aux oiseaux rares. Les chercheurs comptent et surveillent les oiseaux à distance afin de s’assurer que leur comportement naturel ne soit pas perturbé par la présence humaine.

« Nous n’avons pas besoin d’attraper les oiseaux pour les mesurer et prélever des échantillons. Pour cela, nous utilisons des filets japonais qui sont largement utilisés et conçus pour capturer les oiseaux en toute sécurité, » a-t-elle dit à la SNA.

Un équipement de laboratoire sophistiqué signifie que moins d’une goutte de sang est nécessaire. Elle est prélevée en piquant l'aile à l’aide d’une petite aiguille. À partir de cette goutte de sang toutes les informations pour analyser l'ADN et les résultats de tests de dépistages de maladies peuvent être obtenues. Les oiseaux ne présentent aucune séquelle à long terme liée à leur capture et à leur remise en liberté, a-t-elle déclaré.

 

L'auteur principal de l'étude, Kat Bebbington, étudiante en doctorat, tient deux minuscules poussins de fauvettes qu'elle est sur le point de prélever. (Seychelles Warbler Research Project) Licence photo – Droits d’acquisition         

 

Des répercussions intéressantes

Pour les biologistes et les généticiens évolutionnistes, cette recherche est susceptible de présenter un intérêt pour l'ensemble du règne animal, y compris pour l’espèce humaine.

 

Bebbington affirme qu’en règle générale, la meilleure preuve existante montre que la consanguinité provoque divers problèmes et réduit la durée de vie des animaux, mais que la relation entre la consanguinité et la durée de vie est difficile à démontrer à l'état sauvage.

 

« La durée de vie – ou votre décès - est influencée par toutes sortes de facteurs qui pourraient être indépendantes de la consanguinité, » a-t-elle dit à la SNA. « Par exemple, être la proie d’un prédateur, être pris dans une tempête, connaître une pénurie de nourriture ou d'eau. »

« Dans cette étude, nous avons utilisé les télomères, qui sont connus pour prédire la durée de vie, mais se distinguent des problèmes ci-dessus, afin de démontrer que la consanguinité entraîne bel et bien la mort prématurée des oiseaux. »

« Certes, je pense que le message principal de notre étude est que la consanguinité peut être à l'origine de dommages réels, même si vous ne pouvez pas le voir juste en regardant combien de temps vivent les animaux et les biologistes de la conservation pourraient utiliser les télomères pour surveiller ce type de dommages dans les populations vulnérables,» a déclaré Bebbington.

« Les télomères en général pourraient fournir un moyen simple et sécuritaire pour surveiller la santé globale des populations, mais bien sûr, cela nécessite d’effectuer des prélèvements sur des individus, ce qui exige du temps, de l'expérience et des fonds. »

  L'équipe du projet de recherche sur les fauvettes des Seychelles réunie lors d’une récente sortie à Tenerife. (Seychelles Warbler Research Project) Licence photo – Droits d’acquisition 

Pour la chercheuse, la récompense fût également l'opportunité de pouvoir conduire ses recherches sur l'île Cousin, qu'elle décrit comme un « environnement extraordinaire ».

L’île Cousin qui se situe à 2 km au large de Praslin, la deuxième île la plus peuplée des Seychelles est une réserve spéciale qui abrite une importante population d'oiseaux terrestres endémiques et d'autres espèces animales. Il s’agit également d’un important site de reproduction pour les oiseaux marins et un site de nidification pour les tortues de mer.

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Tags: île Cousin, consanguinité, fauvette des Seychelles ADN

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