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Indiens et Pakistanais suffoquent dans le brouillard de pollution

Inde | November 8, 2017, Wednesday @ 14:03 in En français » MONDE | By: AFP | Views: 371
Indiens et Pakistanais suffoquent dans le brouillard de pollution

Le brouillard qui sévit dans la capitale News Delhi (NARINDER NANU / AFP)

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(AFP) - De New Delhi en Inde à Lahore au Pakistan, le nord du sous-continent indien toussait et respirait difficilement mercredi dans un épais brouillard polluant, danger de santé publique pour des dizaines de millions de personnes.

Le toxique rideau gris tombé sur cette région de plaines met en question la durabilité des modes de vie humains dans des zones aussi peuplées. Et ce à l'heure où l'empreinte de l'homme sur la planète bleue est au cœur de la COP23 qui se déroule actuellement en Allemagne.

Cette atmosphère invivable résultait d'une conjonction de brûlis agricoles et d'émissions urbaines. Pour ne rien arranger, les conditions météorologiques (vent faible, arrivée du froid, humidité) empêchaient la dissipation des polluants et laissaient augurer d'un reste de semaine irrespirable.

Mercredi, un voile opaque - équivalant selon les experts à deux paquets de cigarettes par jour - était posé sur la capitale indienne.

Face à l'urgence, les autorités locales ont décrété la fermeture de tous les établissements scolaires pour le reste de la semaine. Cinq millions d'écoliers resteront donc chez eux jusqu'à dimanche au moins.

Dans les rues de cette mégapole d'une vingtaine de millions d'habitants, certains piétons se protégeaient vainement de cet air toxique en se nouant un vêtement ou un chiffon sur le visage.

La pollution s'insinuait jusque dans le moderne métro souterrain, dont les galeries étaient enfumées.

"Quand je suis parti à quatre heures du matin au travail, je ne voyais presque rien", a déclaré à l'AFP Jeevanand Joshi, un vendeur de thé de rue. "Ce n'est pas du brouillard, c'est de la fumée et ça nous rend certainement tous malades".

Le nuage ignorait les frontières tracées par les hommes.

Hospitalisations massives, entreprises fermées, avions annulés, horaires décalés dans les écoles: de l'autre côté des barbelés, au Pakistan, Lahore était également piégée dans ce brouillard polluant.

Dans l'hôpital Mayo, l'un des plus grands de Lahore, des patients attendaient un traitement assis sur des brancards. Plusieurs sexagénaires, allongés, respiraient dans un masque à oxygène, a constaté l'AFP.

Leur nombre a "quadruplé" pour "les problèmes oculaires, les infections respiratoires et l'asthme" liés à la brume maronnâtre, a observé le docteur Irshad Hussain.

 

- 'Tueur silencieux' -

 

En Inde aussi bien qu'au Pakistan, les concentrations de particules en suspension pulvérisaient les plafonds recommandés pour la santé. Les sites internet ne savaient à quelle nuance de rouge se fier pour signifier le niveau de danger.

Ainsi, vers 13h00 locales (07H30 GMT), les différents compteurs de New Delhi affichaient des niveaux nocifs de particules ultra-fines (PM2,5), entre 400 et 700 microgramme par mètre cube d'air (μg/m3).

Pour Lahore, le compte Twitter @LahoreSmog faisait lui état d'une présence de 509 μg/m3 de PM2,5 vers 13h00 locales (08H00 GMT).

L'OMS recommande de ne pas dépasser 25 μg/m3 en moyenne journalière pour la santé.

Les épisodes de "smog" sont récurrents en automne et hiver à New Delhi que l'OMS avait classée en 2014 comme ville la plus polluée au monde.

"La situation actuellement est impropre à la vie humaine", s'est alarmé le docteur Arvind Kumar du Sir Ganga Ram Hospital de New Delhi.

Le froid et l'absence de vent plaquent au sol les émissions polluantes des véhicules, usines et centrales, les empêchant de se disperser.

Ces particules en suspension accentuent les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons. Les plus petites d'entre elles (PM2,5), grandes comme un trentième d'un diamètre de cheveu humain, parviennent à s'infiltrer dans l'organisme et le sang, à travers les poumons.

"La pollution atmosphérique est un tueur silencieux. Vous ne le voyez pas. Il ne se montrera pas maintenant, il se montrera dans quelques mois, quelques années, mais il réduit progressivement votre espérance de vie", a expliqué le docteur Kumar.

La pollution est un problème de santé publique majeur pour l'Inde, nation de 1,25 milliard d'habitants en plein développement et aux besoins de croissance immenses.

En 2015, la contamination atmosphérique, terrestre et aquatique était présumée responsable de 2,5 millions de décès dans ce pays, plus lourd bilan humain de la planète, a estimé une récente étude publiée dans la revue The Lancet.

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